Primes chauffage en Wallonie : ce à quoi vous avez droit en 2026
Depuis le 1er octobre 2026, la Wallonie ne verse plus de prime par appareil de chauffage. À la place, vous empruntez à 0 % et une partie du montant ne vous est jamais réclamée : jusqu’à 50 % selon vos revenus. Bonne nouvelle pour le chauffage, une pompe à chaleur ou une chaudière biomasse compte parmi les travaux qui font gagner des classes PEB, condition d’accès au dispositif.
En bref : les primes chauffage par appareil n’existent plus. Si votre logement est classé G, F ou E et que vos revenus ne dépassent pas 67 100 €, le Rénopack vous permet de financer votre nouveau chauffage à 0 % et de ne rembourser qu’une partie de la facture. Une pompe à chaleur ou une chaudière biomasse vous aide à atteindre le label exigé, ce qu’une chaudière au gaz ou au mazout ne fait pas.
Dans ce guide : ce qui a changé le 1er octobre 2026, pourquoi le choix du chauffage pèse sur votre éligibilité, ce que vous touchez réellement selon vos revenus, un exemple chiffré sur une pompe à chaleur, les conditions à respecter, le comparatif des systèmes et leurs coûts d’exploitation, puis pour mémoire les anciens montants de primes.
Les primes chauffage ont disparu le 1er octobre 2026
Jusqu’au 30 septembre 2026, vous faisiez installer une pompe à chaleur, vous introduisiez une demande, et la Wallonie vous versait une prime quelques mois plus tard. Ce fonctionnement est terminé. Le soutien ne porte plus sur l’appareil mais sur votre projet de rénovation dans son ensemble, et il prend la forme d’un prêt dont une partie ne se rembourse pas.
| Jusqu’au 30 septembre 2026 | Depuis le 1er octobre 2026 |
|---|---|
| Une prime par appareil de chauffage | Une aide sur le projet global |
| Argent versé après les travaux | Part offerte intégrée à un prêt à 0 % |
| Tous les logements de plus de 15 ans | Uniquement les labels G, F et E |
| Audit exigé pour PAC, chaudière et poêle | Audit obligatoire, un an maximum avant la demande |
| Plafond de 60 000 € de travaux | 75 000 € pour une maison unifamiliale |
| Budget au fil de l’eau | Enveloppe annuelle plafonnée |
L’enveloppe est plafonnée chaque année. Une fois le budget de l’année épuisé, plus aucun dossier n’est octroyé, même si vous remplissez toutes les conditions. Introduire sa demande tôt dans l’année a donc un intérêt concret, ce qui n’existait pas dans l’ancien système.
Pourquoi le chauffage renouvelable est avantagé par le nouveau système
Le Rénopack ne finance plus un appareil, il finance un résultat : votre logement doit changer de classe PEB. Or toutes les solutions de chauffage ne pèsent pas le même poids dans ce calcul. Le certificat PEB raisonne en énergie primaire, et le facteur appliqué à l’électricité d’une pompe à chaleur comme à la biomasse est nettement plus favorable que celui du gaz ou du mazout.
Une pompe à chaleur fait gagner des classes
Avec un coefficient de performance de 3,5, une PAC air-eau restitue trois à quatre fois plus de chaleur qu’elle ne consomme d’électricité. Le certificat PEB en tient compte : remplacer une vieille chaudière mazout par une PAC air-eau fait typiquement gagner une à deux classes, souvent assez pour passer de F à D.
Une chaudière biomasse aussi
Les pellets et les bûches bénéficient d’un facteur d’énergie primaire très favorable. Une chaudière biomasse à la place d’une chaudière fossile produit un saut de classe comparable, avec l’avantage de s’intégrer au réseau de radiateurs existant.
Le gaz et le mazout ne vous y amènent pas
Remplacer une chaudière gaz par une chaudière gaz à condensation améliore le rendement, mais reste dans la même famille d’énergie : le gain de classe est marginal et rarement suffisant pour atteindre le label exigé. L’installation d’une chaudière au mazout est par ailleurs interdite dans le neuf depuis le 1er janvier 2026.
Le chauffage seul ne suffit pas toujours. Dans un logement classé G aux murs et à la toiture non isolés, changer de chauffage ne fera pas atteindre le label D à lui seul. C’est précisément la logique du nouveau dispositif : combiner le chauffage et l’isolation dans un seul projet financé en une fois. L’audit préalable chiffre cette combinaison pour votre logement.
Quelle part de votre chauffage ne rembourserez-vous pas ?
Tout dépend de vos revenus. Plus ils sont modestes, plus la part offerte est importante. Elle s’applique au montant total financé, chauffage et travaux associés compris.
| Catégorie | Vos revenus | Part offerte |
|---|---|---|
| C1 | Jusqu’à 28 900 € | 50 % |
| C2 | De 28 900 € à 41 100 € | 40 % |
| C3 | De 41 100 € à 67 100 € | 15 % |
| C4 | De 67 100 € à 122 800 € | Aucune |
Dans tous les cas, vous gagnez 5 % de plus en choisissant des écomatériaux pour les travaux d’isolation qui accompagnent votre nouveau chauffage.
Plafonds de travaux : 75 000 € pour une maison unifamiliale, 60 000 € par logement en appartement pour les parties privatives. Au-delà, la part excédentaire reste à votre charge.
Et si vos revenus dépassent 67 100 € ?
Vous relevez alors du Rénoprêt, et la différence est de taille : vous financez votre pompe à chaleur à un taux plus avantageux qu’en banque, mais vous remboursez la totalité. Aucune part ne vous est offerte. C’est un crédit intéressant, pas une aide financière.
Même chose si vous mettez le logement en location : les propriétaires-bailleurs et les associations de copropriétaires basculent tous vers le Rénoprêt, quels que soient leurs revenus. Seuls les travaux d’adaptation au handicap et la réhabilitation après une calamité naturelle reconnue donnent droit au taux zéro.
Une pompe à chaleur air-eau, en chiffres
Vous remplacez votre chaudière mazout par une pompe à chaleur air-eau, pour un devis de 14 000 €. Votre logement est classé F et l’audit confirme que l’opération le fait passer en D. Vos revenus sont de 35 000 €, vous êtes donc dans la catégorie C2, à 40 %.
Sans intérêts et étalés dans le temps. Si votre projet inclut de l’isolation en écomatériaux, la part offerte monte à 45 %, soit 6 300 € sur ce même devis.
À cela s’ajoute l’économie de fonctionnement : environ 1 900 € par an en passant du mazout à une PAC air-eau pour une maison de 150 m², comme le montre le tableau des coûts d’exploitation plus bas.
Les conditions à remplir
Votre logement doit être énergivore
Un logement classé G ou F doit atteindre au minimum le label D. Un logement classé E doit atteindre au minimum le label C. Si le vôtre est déjà classé D ou mieux, il n’y a pas d’aide, même pour remplacer une chaudière en fin de vie.
Un audit doit précéder la demande
Un auditeur agréé passe chez vous, évalue le logement et liste les travaux utiles, au maximum un an avant l’introduction de votre demande. Son coût fait partie des investissements finançables. Pour la catégorie C1, l’expertise réalisée dans le cadre du Rénopack peut en tenir lieu. Ne signez aucun devis d’installateur avant d’avoir cet audit.
Le budget annuel doit encore être disponible
L’enveloppe est fixée chaque année dans le décret budgétaire. Une fois épuisée, plus aucun dossier n’est octroyé jusqu’à l’exercice suivant.
Le dossier passe par un guichet unique
Depuis le 1er octobre 2026, ce sont les structures existantes qui assurent le service. À partir du 1er janvier 2028, l’Agence wallonne de l’Habitation pilotera le dispositif.
Simulez vos aides pour votre chauffage
Le montant dépend de vos revenus, de la classe PEB de votre logement et de l’ampleur du chantier. En 2 minutes, notre outil vous donne une idée concrète de ce que vous pouvez obtenir pour votre nouveau chauffage. Pour tout comprendre du dispositif, consultez notre guide du Rénopack et du Rénoprêt.
Simulez mes aidesQuel chauffage choisir selon votre situation ?
Le montant de l’aide ne dépend plus de l’appareil, mais le choix technique reste entier. Le bon système dépend de votre logement, de votre budget et de l’énergie dont vous disposez.
Vous remplacez une chaudière mazout
La pompe à chaleur air-eau est le choix recommandé. Elle se raccorde à vos radiateurs existants, divise vos coûts de chauffage par 3 à 4 et fait gagner des classes PEB. La TVA à 6 % s’applique même pour les logements de moins de 10 ans, mesure spécifique aux pompes à chaleur.
Vous habitez en zone rurale sans gaz naturel
La chaudière biomasse à pellets est une excellente alternative. Elle utilise un combustible local et renouvelable et s’intègre à votre réseau de radiateurs. Prévoyez 3 à 5 m² d’espace de stockage pour le silo à pellets, et un entretien plus fréquent qu’une pompe à chaleur.
Vous avez un petit budget
Le poêle à pellets est l’option la plus accessible, de 2 000 à 5 000 €, avec un combustible économique. Il convient comme chauffage principal d’un petit logement ou en complément d’un système existant. Associez-le à un boiler thermodynamique pour l’eau chaude.
Vous rénovez en profondeur
C’est le cas de figure pour lequel le nouveau dispositif est fait. Combinez une PAC air-eau pour le chauffage avec un chauffe-eau solaire ou un boiler thermodynamique pour l’eau chaude, et l’isolation de la toiture, des murs et des sols. Le tout entre dans un seul projet financé à 0 %, avec le saut de classe PEB nécessaire à la clé.
Ce que chaque système coûte à l’usage
Estimation des coûts annuels de chauffage pour une maison de 150 m² moyennement isolée en Wallonie, soit un besoin d’environ 18 000 kWh par an. C’est souvent ce poste, plus que l’aide à l’investissement, qui décide de la rentabilité.
| Système | Coût annuel | Gain de classe PEB |
|---|---|---|
| PAC géothermie (COP 4,5) | environ 700 € | Élevé |
| PAC air-eau (COP 3,5) | environ 900 € | Élevé |
| Chaudière pellets | environ 1 200 € | Élevé |
| Gaz naturel à condensation | environ 2 200 € | Marginal |
| Mazout | environ 2 800 € | Aucun |
Estimations basées sur les prix moyens de l’énergie en Belgique. Coûts réels variables selon la consommation, l’isolation du logement et les tarifs souscrits. Le gain de classe PEB dépend de l’état de départ du logement.
Les installations qui ne vous mènent pas au label exigé
Les chaudières au gaz à condensation
Le gain de classe PEB est marginal, et la TVA est passée à 21 % le 1er juillet 2025. Le remplacement d’une chaudière gaz reste possible, mais il ne constitue pas en lui-même un projet finançable.
Les chaudières au mazout
Aucun gain de classe, et l’installation est interdite dans le neuf depuis le 1er janvier 2026. L’interdiction en remplacement dans l’existant est annoncée.
Les PAC air-air, dites climatisations réversibles
Les splits muraux sans distribution hydraulique n’étaient pas primés sous l’ancien régime et ne comptent pas comme solution de chauffage dans le calcul PEB. Seules les pompes à chaleur raccordées aux radiateurs ou à un plancher chauffant sont prises en compte.
Vous aviez un devis signé avant février 2025 ? Les anciennes primes chauffage vous restent ouvertes
Si vous avez un devis daté et signé avant le 14 février 2025, vous pouvez encore bénéficier de l’ancien système, avec les montants détaillés plus bas sur cette page. Joignez ce devis à votre demande. Vous avez jusqu’au 30 septembre 2027 pour terminer les travaux et introduire votre dossier.
L’acompte de 20 % exigé au départ a été supprimé après l’avis du Conseil d’État : le devis signé suffit. Si votre demande avait été déclarée irrecevable pour ce motif, vous pouvez la réintroduire.
L’ancien système de primes chauffage
Ces montants ne sont plus accordés depuis le 1er octobre 2026. Ils restent utiles si vous avez un devis signé avant le 14 février 2025, ou simplement pour comparer avec ce que propose le nouveau dispositif. Le principe : un montant de base par appareil, multiplié par un coefficient de x2 à x6 selon la catégorie de revenus R1 à R4.
| Appareil | Base | R1 | R2 | R3 | R4 | Audit |
|---|---|---|---|---|---|---|
| PAC chauffage ou combinée | 600 € | 3 600 € | 2 400 € | 1 800 € | 1 200 € | Oui |
| Chaudière biomasse | 720 € | 4 320 € | 2 880 € | 2 160 € | 1 440 € | Oui |
| Poêle biomasse | 160 € | 960 € | 640 € | 480 € | 320 € | Oui |
| Chauffe-eau solaire | 420 € | 2 520 € | 1 680 € | 1 260 € | 840 € | Non |
| Boiler thermodynamique | 280 € | 1 680 € | 1 120 € | 840 € | 560 € | Non |
Montants de l’ancien régime, en euros, plus accordés depuis le 1er octobre 2026. Plafond de 70 % TVAC pour R1 et R2, 50 % pour R3 et R4. Revenus supérieurs à 122 800 € : non éligible. Le gaz et le mazout n’étaient déjà plus primés.
Les conditions de l’époque : un audit logement préalable pour la pompe à chaleur, la chaudière biomasse et le poêle, un appareil repris sur la liste officielle, un entrepreneur inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises, un logement de plus de 15 ans situé en Région wallonne hors Communauté germanophone, et une demande introduite avant le 30 septembre 2026. Chaque appareil faisait l’objet d’une demande séparée, ce qui permettait de cumuler plusieurs primes chauffage. Cette mécanique de cumul par poste n’a plus cours : le nouveau dispositif finance l’ensemble du projet en une seule fois.
Questions fréquentes
Non. Depuis le 1er octobre 2026, la Wallonie ne verse plus de prime par poste de travaux, chauffage compris. L’aide passe désormais par le Rénopack, un prêt à taux zéro dont une partie ne se rembourse pas : 50 % du montant pour la catégorie C1 (revenus jusqu’à 28 900 €), 40 % pour C2 (28 900 à 41 100 €) et 15 % pour C3 (41 100 à 67 100 €). Au-delà de 67 100 €, vous relevez du Rénoprêt, à taux préférentiel mais sans part offerte.
Pas toujours à elle seule. Le Rénopack impose un résultat : un logement classé G ou F doit atteindre au minimum le label D, un logement classé E doit atteindre au minimum le label C. Une pompe à chaleur ou une chaudière biomasse fait gagner des classes PEB parce que le facteur d’énergie primaire du renouvelable est favorable, alors qu’une chaudière au gaz ou au mazout n’en fait gagner presque aucune. Dans un logement très mal isolé, il faut souvent combiner le nouveau chauffage avec de l’isolation pour atteindre le label visé. L’audit préalable indique quelle combinaison y suffit.
Non, pas au Rénopack. Seuls les logements classés G, F ou E au certificat PEB entrent dans le dispositif. Un logement déjà classé D ou mieux n’est plus éligible, même si vous remplacez une vieille chaudière par une pompe à chaleur. Vous conservez en revanche l’accès au Rénoprêt si vous cherchez un crédit à taux avantageux.
Oui, et la règle s’est même durcie. Un audit énergétique doit être réalisé avant l’introduction de la demande, au maximum un an avant celle-ci. Son coût fait partie des investissements finançables par le prêt, vous ne l’avancez donc pas à fonds perdu. Pour la catégorie C1, l’expertise réalisée dans le cadre du Rénopack peut en tenir lieu. Ne signez aucun devis d’installateur avant d’avoir cet audit en main.
Les deux font gagner des classes PEB et les deux entrent dans le Rénopack : le choix se joue donc sur votre logement. La PAC air-eau est le choix par défaut en remplacement d’une chaudière : elle se raccorde aux radiateurs existants, ne demande aucun stockage et affiche les coûts d’exploitation les plus bas, environ 900 € par an pour une maison de 150 m². La chaudière à pellets convient mieux en zone rurale sans gaz naturel, avec 3 à 5 m² de place pour le silo et un entretien plus fréquent, pour environ 1 200 € par an.
Elle vous reste ouverte. Si vous disposez d’un devis daté et signé avant le 14 février 2025, vous pouvez encore bénéficier des anciennes conditions, primes par poste comprises, à condition de joindre ce devis à votre demande et de finaliser les travaux au plus tard le 30 septembre 2027. La condition d’acompte de 20 % qui figurait dans le projet initial a été supprimée après l’avis du Conseil d’État : les demandes déclarées irrecevables pour ce motif peuvent être réintroduites.