Rénopack et Rénoprêt : les aides à la rénovation en Wallonie
Depuis le 1er octobre 2026, la Wallonie ne verse plus de prime par poste de travaux. L’aide est calculée sur l’ensemble de votre projet et passe par un prêt : le Rénopack, dont une partie ne se rembourse pas, ou le Rénoprêt, à taux préférentiel.
En bref : si vos revenus ne dépassent pas 67 100 €, le Rénopack vous permet d’emprunter à 0 % et de ne rembourser que 50, 60 ou 85 % de la somme selon votre catégorie. Au-delà, le Rénoprêt vous donne un taux avantageux, mais vous remboursez tout. Dans les deux cas, votre logement doit être classé G, F ou E au certificat PEB, et un audit est obligatoire avant les travaux.
Dans ce guide : ce qui a changé le 1er octobre 2026, comment savoir lequel des deux dispositifs vous concerne, les montants par catégorie de revenus, les conditions d’éligibilité, trois exemples chiffrés, la marche à suivre pour introduire votre demande, et ce qu’il advient des projets engagés avant février 2025.
Qu’est-ce qui a changé le 1er octobre 2026 ?
L’ancien système comptait plus de cent vingt primes différentes, chacune liée à un poste de travaux précis. Vous faisiez isoler votre toiture, vous introduisiez une demande, et la Wallonie vous versait une prime quelques mois plus tard. Ce fonctionnement est terminé. Le soutien porte désormais sur le projet dans son ensemble, et il prend la forme d’un prêt.
| Avant le 30 septembre 2026 | Depuis le 1er octobre 2026 |
|---|---|
| Une prime par poste de travaux | Une aide sur le projet global |
| Argent versé après les travaux | Réduction intégrée à un prêt |
| Tous les logements | Uniquement les labels G, F et E |
| Audit rarement exigé | Audit obligatoire |
| 60 000 € de travaux | 75 000 € pour une maison |
| Budget au fil de l’eau | Enveloppe annuelle plafonnée |
Rénopack ou Rénoprêt : lequel vous concerne ?
Le tri se fait sur deux critères : vos revenus, et le fait que vous occupiez ou non le logement. La différence entre les deux dispositifs est considérable, il vaut donc la peine de savoir d’emblée où vous vous situez.
Le Rénopack : jusqu’à 50 % de la facture offerts
Il s’adresse aux ménages des catégories C1, C2 et C3, c’est-à-dire dont les revenus ne dépassent pas 67 100 €. Vous empruntez à taux zéro, et une partie du montant ne vous est jamais réclamée. C’est cette part qui remplace l’ancienne prime.
Le Rénoprêt : un crédit avantageux, pas une aide
Il concerne la catégorie C4, de 67 100 € à 122 800 € de revenus, ainsi que les propriétaires-bailleurs et les associations de copropriétaires. Vous empruntez à un taux plus avantageux qu’en banque, mais vous remboursez l’intégralité de la somme. Aucune part ne vous est offerte.
Les bailleurs y basculent tous, quels que soient leurs revenus. Un propriétaire qui met son bien en location et qui touchait des primes avant octobre 2026 ne reçoit donc plus aucune subvention, seulement un accès au crédit à taux réduit.
Les deux cas de taux zéro en Rénoprêt
Le Rénoprêt passe à 0 % dans deux situations précises : les travaux d’adaptation du logement au handicap, et la réhabilitation d’un bien après une calamité naturelle reconnue. En dehors de ces cas, le taux varie selon la catégorie de revenus.
Combien pouvez-vous obtenir ?
La part qui ne se rembourse pas dépend de votre catégorie de revenus. Plus ils sont modestes, plus elle est importante.
| Catégorie | Revenus | Taux | Part offerte |
|---|---|---|---|
| C1 | jusqu'à 28 900 € | 0 % | 50 % |
| C2 | de 28 900 € à 41 100 € | 0 % | 40 % |
| C3 | de 41 100 € à 67 100 € | 0 % | 15 % |
| C4 | de 67 100 € à 122 800 € | préférentiel | aucune |
Le bonus écomatériaux
La part offerte augmente de 5 % si vous utilisez des matériaux écologiques, comme la cellulose, la fibre de bois ou le liège. Un ménage en C1 passe ainsi de 50 à 55 %.
Les plafonds de travaux
- 75 000 € pour une maison unifamiliale
- 60 000 € par logement en appartement
- 600 000 € en copropriété de moins de 20 lots
- 750 000 € à partir de 20 lots
Votre logement est-il éligible ?
C’est le point qui écarte le plus grand nombre de dossiers. Le dispositif ne vise que les logements énergivores, et l’objectif à atteindre dépend de votre label de départ.
Label G ou F
Vos travaux doivent permettre d’atteindre au minimum le label D.
Label E
Vos travaux doivent permettre d’atteindre au minimum le label C.
Comment connaître le label de votre logement
Si votre logement a été vendu ou mis en location ces dernières années, un certificat PEB a nécessairement été établi : il figure dans l’acte ou le bail. Sinon, l’audit obligatoire déterminera ce label. Dans les faits, une maison ancienne dont la toiture n’est pas isolée se situe presque toujours en G, F ou E.
Les logements exclus
Un logement déjà classé D, C, B ou A n’entre pas dans le dispositif, même si des travaux restent utiles. C’est un changement important par rapport aux anciennes primes, qui étaient ouvertes à tous les logements sans condition de performance initiale.
Quels travaux sont financés ?
Le principe change par rapport aux anciennes primes : vous ne demandez plus une aide poste par poste, mais un financement pour l’ensemble du projet défini par l’audit. Celui-ci liste les travaux qui permettront d’atteindre le label visé, et c’est ce programme qui est financé.
L’audit lui-même fait partie des investissements finançables : son coût est intégré au prêt, vous ne l’avancez donc pas à fonds perdus.
Trois exemples chiffrés
Un ménage aux revenus modestes
Revenus de 26 000 €, isolation de la toiture et remplacement des châssis. Catégorie C1.
Un ménage aux revenus moyens
Revenus de 38 000 €, isolation des murs et pompe à chaleur. Catégorie C2.
Des revenus plus élevés, ou un propriétaire-bailleur
Revenus de 72 000 €, ou logement mis en location. Catégorie C4.
La totalité est remboursée, mais à un taux inférieur à celui du marché. L’économie porte sur les intérêts, pas sur le capital.
Comment faire votre demande
Faites réaliser l’audit
Avant tout engagement. L’auditeur établit le label de votre logement et définit le programme de travaux. Il doit dater de moins d’un an au moment de la demande.
Passez par un guichet unique
Ils assurent trois niveaux de service : une simple information, un accompagnement personnalisé, ou une prise en charge quasi complète de votre projet.
Montez le dossier et obtenez l’accord
Le dossier reprend l’audit, les devis et vos justificatifs de revenus. L’accord fixe le montant emprunté, le taux et la part qui ne sera pas remboursée.
Lancez les travaux
Une fois l’accord obtenu. Les travaux doivent correspondre au programme défini par l’audit.
L’erreur à ne pas commettre
Ne signez aucun devis et ne lancez aucun chantier avant d’avoir fait l’audit et obtenu votre accord. Des travaux déjà engagés ne sont plus finançables, et c’est irrattrapable.
L’enveloppe annuelle peut s’épuiser
C’est une différence majeure avec l’ancien système, et elle est peu relayée. Les primes étaient distribuées au fil de l’eau : si vous remplissiez les conditions, vous étiez servi. Désormais, la Wallonie fixe chaque année dans son décret budgétaire l’enveloppe consacrée au dispositif. Une fois ce budget épuisé, plus aucun dossier n’est octroyé jusqu’à l’exercice suivant. Introduire sa demande tôt dans l’année a donc un intérêt concret.
Vous aviez un projet engagé avant février 2025 ?
Les ménages qui disposent d'un devis daté et signé avant le 14 février 2025 peuvent encore bénéficier des anciennes conditions, primes par poste comprises. Vous relevez alors de l’ancien système, avec ses primes par poste de travaux.
- joindre à la demande le devis daté et signé avant le 14 février 2025
- finaliser les travaux et introduire la demande au plus tard le 30 septembre 2027
La condition d'acompte de 20 % qui figurait dans le projet initial a été supprimée après l'avis du Conseil d'État. Les demandes déclarées irrecevables sur ce motif peuvent être réintroduites.
Rénopack et Rénoprêt : vos questions
C'est un prêt à taux zéro, assorti d'une réduction du montant à rembourser qui joue le rôle d'une subvention. Vous empruntez la totalité du chantier, mais vous ne remboursez que 50, 60 ou 85 % de la somme selon vos revenus. La part restante ne vous est jamais réclamée. La différence avec l'ancien système est qu'il n'y a plus de versement d'argent après les travaux : l'aide est intégrée au prêt dès le départ.
Le Rénopack contient une aide, le Rénoprêt non. Avec le Rénopack, réservé aux catégories C1, C2 et C3, une partie du montant emprunté ne se rembourse pas. Avec le Rénoprêt, destiné à la catégorie C4, aux propriétaires-bailleurs et aux copropriétés, vous remboursez l'intégralité de la somme, simplement à un taux plus avantageux que celui d'une banque. Deux exceptions donnent droit au taux zéro en Rénoprêt : les travaux d'adaptation au handicap et la réhabilitation après une calamité naturelle reconnue.
Non. Le dispositif cible les logements énergivores : ceux classés G ou F, qui doivent atteindre au minimum le label D après travaux, et ceux classés E, qui doivent atteindre au minimum le label C. Un logement déjà classé D ou mieux n'entre pas dans le dispositif, même si des travaux restent utiles. C'est la condition qui écarte le plus grand nombre de demandes.
Oui, l'audit est obligatoire et doit être réalisé avant l'introduction de la demande, au maximum un an avant celle-ci. Un expert évalue votre logement, établit son label PEB et liste les travaux à réaliser. Son coût fait partie des investissements finançables, il n'est donc pas perdu. Pour la catégorie C1, l'expertise réalisée dans le cadre du Rénopack peut tenir lieu d'audit.
Jusqu'à 75 000 € pour une maison unifamiliale, contre 60 000 € sous l'ancien régime. Pour un appartement, le plafond est de 60 000 € par logement pour les parties privatives. Les copropriétés peuvent financer leurs parties communes jusqu'à 600 000 € en dessous de 20 lots, et 750 000 € à partir de 20 lots.
Uniquement si vous disposez d'un devis daté et signé avant le 14 février 2025. Dans ce cas, vous conservez le bénéfice des anciennes conditions et avez jusqu'au 30 septembre 2027 pour terminer les travaux et introduire votre demande. La condition d'acompte de 20 % prévue initialement a été supprimée après l'avis du Conseil d'État : le devis signé suffit. Si votre demande avait été déclarée irrecevable pour ce motif, vous pouvez la réintroduire.
Plus aucun dossier n'est octroyé jusqu'à l'exercice suivant. La Wallonie fixe chaque année, dans son décret budgétaire, l'enveloppe consacrée au dispositif. Contrairement à l'ancien système de primes distribuées au fil de l'eau, le budget est désormais plafonné. Introduire sa demande tôt dans l'année a donc un intérêt concret.
Le dispositif est porté par des guichets uniques. Depuis le 1er octobre 2026, ce sont les structures existantes qui assurent le service, avec trois niveaux d'accompagnement possibles : une simple information, un accompagnement personnalisé, ou une prise en charge quasi complète du projet. À partir du 1er janvier 2028, l'Agence wallonne de l'Habitation pilotera l'ensemble.
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